Quel est l’impact de la selle sur la performance du couple cavalier•e – cheval ? Aujourd’hui, avoir une selle adaptée, ajustée, fittée, ça devrait être la base. Pourquoi ce n’est pas toujours le cas ? Est-ce que ça change vraiment quelque chose ? Est-ce qu’une selle adaptée et ajustée suffit à la réussite d’un couple ?

Comme dit Véronique de Saint Vaulry, « le cheval n’a pas demandé à faire d’équitation ». Il est du devoir du•de la cavalier•e de faire en sorte que sa monture soit prise en compte dans son intégrité et dans son intégralité. Par méconnaissance du cheval, de son éthologie, de son anatomie, de sa biomécanique, une tristement grande majorité de chevaux est aujourd’hui mal sellée.

Nos chevaux sont d’ailleurs souvent mal gérés, parce que leur cavalier•e•s ou propriétaires sont certes bien intentionné•e•s mais mal formé•e•s. Est-ce une fatalité ? Et d’ailleurs, à qui la faute ? Je ne sais pas : à un peu tout le monde et personne à la fois. À chacun de se remettre en cause et d’avancer, de trouver les bon•ne•s professionnel•le•s dont s’entourer.

On assiste cependant depuis plusieurs années à un changement de paradigme, qui atteint un nombre de cavalier•e•s de plus en plus important. Le respect de la nature du cheval revient petit à petit au centre des préoccupations. Et c’est une bonne chose !

Habiller un cheval en analysant correctement ses besoins, ses points de force, ses points de faiblesse, c’est donc la base. Jamais on ne transigera là-dessus.

Ceci étant, les personnes qui s’intéressent à la selle, ont effectué des essais et réfléchi à la question ont déjà vu des « effets wow » lors d’un changement de modèle ou de marque. Libéré, délivré, le cheval se déplace comme jamais. Et pourtant… Méfiance ! Le mieux étant l’ennemi du bien, on en fait parfois trop.

L'impact de la selle sur la performance en une image : un poney plus délié après un changement de selle
Clémence et Chuckberry Melody

Mais pourquoi ce serait « trop », de libérer un cheval en lui permettant de s’employer correctement ? Parce que :

  • Une selle, c’est un outil permettant de pratiquer l’équitation
  • L’équitation, c’est une équation cheval + cavalier•e
  • La selle, c’est UNE variable, parmi tant d’autres

Avoir « seulement » une selle adaptée à un cheval ne vaut donc pas grand-chose. Pourtant, j’ai été la première à jubiler en prouvant à un tas d’auditeur•ice•s incrédules que la selle avant un impact direct sur la qualité de la locomotion du cheval, qu’on voyait se transformer en quelques instants, en live. Aujourd’hui, j’en suis certaine : ça ne suffit pas. Une selle adaptée représente selon moi 30 % de la réussite d’un couple cavalier•e/cheval.

Une selle adaptée au cheval c’est 30 % de l’équation dans la réussite du couple. 30 % fondamentaux certes, mais 30 % « seulement ».

Les 30 % suivants sont selon moi l’adaptation de la selle au•à la cavalier•e. Si le•la cavalier•e est incapable de monter le cheval avec la selle qui va bien au dit cheval, il•elle va adopter une position antalgique, mettre en place des compensations qui se répercuteront sur l’animal et foutront tout en l’air en moins de temps qu’il en faut pour l’écrire.

L’incapacité sera physique si la selle est en inadéquation avec sa morphologie. Elle sera équestre si la selle n’est pas adaptée à la pratique. Un•e cavalier•e ergonomiquement inadapté•e à sa selle (ou le contraire, je ne sais plus ? Blague bien entendu : c’est l’outil qui s’adapte !) ne fonctionnera pas, ne sera pas juste.

Parfois l’inadaptation est insidieuse : on se sent bien dans sa selle et pourtant, c’est elle qui fait que tout foire… parce qu’on n’a pas les bons repères. Les cavalier•e•s ne connaissent peut-être pas toujours bien leurs chevaux, mais ne se connaissent souvent pas plus eux-mêmes.

C’est assez normal. Parce que l’équitation est une évolution constante : notre corps évolue, notre pratique évolue. On ne peut que s’entourer de guides, là encore. Chercher, réfléchir, essayer.

Mais 30 + 30, on est encore loin du compte : restent 40 %.

Ces fameux 40 % restants sont liés à l’adéquation de la selle au cheval, sans y être directement connectés. Aucune action sur la selle n’aura de prise dessus, et ce, même si c’est par la selle que le problème se manifeste. Quels sont-ils ?

On retrouve dans cette catégorie les problématiques de pieds, de dents, ostéopathiques, nutritionnelles, métaboliques, hormonales, environnementales… Mais aussi (et surtout) celles liées à l’équitation. Travailler un cheval, ça ne s’invente pas. S’il y a des choses à faire et d’autres à ne pas faire, des outils qui ont été mis au point : ce n’est pas pour rien.

Beaucoup de cavalier•e•s ne savent plus suivre le mouvement du cheval une fois qu’il est libéré, malgré une ergonomie parfaite de la selle pour eux. Leur corps ne suit plus le déplacement de leur cheval, il n’est pas capable de le faire. Est-ce donc vraiment bon de chercher à faire au mieux pour le cheval, si c’est encore pire pour le couple par la suite ?

Beaucoup de cavaliers n’ont ou ne se donnent pas les moyens techniques de leurs ambitions. Il faut dire que généralement, une selle est un projet : on la fait faire par rapport à ce que l’on attend, équestrement, de son cheval, de la progression du couple. On ne fait pas faire une selle une fois que le couple est abouti. Mais il faut être lucide dès la constitution du projet, tout en pondérant bien entendu avec les inévitables accidents de parcours. « La vie n’est pas un long fleuve tranquille », tout ça tout ça.

Dans quel sens poser les questions ? Comment gérer ces problèmes ? Où trouver des solutions ? 

L’ergonomie de la selle (parce que le saddle fitting dans son sens institutionnel est plus restrictif), c’est quelque chose d’extrêmement complexe. Tout comme la gestion des pieds nus, ou la posture du•de la cavalier•e à cheval, ou encore l’ostéopathie, l’enseignement au•à la cavalier•e, etc. Tout est complexe, mais tout marche ensemble. C’est une globalité, et si on pousse dans la voie de la perfection, il faut s’investir. Physiquement, mentalement, financièrement, temporellement. Sinon vous pouvez faire les choses à moitié et au pif, avec un risque accru d’échec. Les chevaux sont des êtres éminemment bons : ils pardonnent, et font avec. Jusqu’au jour où…

La bonne nouvelle, c’est qu’aujourd’hui on dispose de ressources, d’outils, de formations qui permettent de chercher des solutions, d’adapter les apprentissages, d’aborder les problématiques de façon plus holistique. Alors n’attendez pas que votre ergonome (ou n’importe quel•le professionnel•le du milieu équestre, d’ailleurs) vous donne une solution miracle pour votre équitation. Il n’y en a pas. Il y a plusieurs façons d’arriver à un même résultat, mais toutes passent par la même voie : celle du bon sens. Merci Descartes.

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