Bien que cette pratique gagne du terrain, le saddle fitting pour les centres équestres n’est pas (encore) une norme. La première réaction des gérant•e•s de club quand on leur pose une question à ce sujet est souvent « C’est trop cher ».

Et cela peut se comprendre : avoir un centre équestre rentable, c’est compliqué. Proposer des cours de qualité, des animations, des sorties, avec des chevaux bien gérés et dressés, le tout dans des infrastructures fonctionnelles et bien entretenues, c’est une bataille de tous les instants. C’est encore plus vrai quand les clients veulent de plus en plus de fun et de moins en moins d’équitation pour des tarifs comparables à ceux d’un club de foot. 
Dans cette optique, payer un•e intervenant•e de plus, est-ce tout simplement possible

En tant que centre équestre, vos chevaux sont le socle de votre activité. Sans eux, pas d’enseignement de l’équitation. L’ergonomie équestre représente essentiellement une politique de prévention et de suivi. En mettant en place un suivi du matériel, au mieux on évite toutes sortes de problèmes, au pire on les remarque assez rapidement pour éviter une dégradation.

Qui plus est, l’œil extérieur du•de la saddle fitter permet au•à la gérant•e ou à l’enseignant•e de prendre du recul sur les questions soulevées par l’un ou l’autre de ses chevaux. C’est particulièrement flagrant dans le cas de jeunes chevaux mis à l’instruction.

De la cavalerie d’un club hippique dépendent ses performances économiques et donc sa durabilité.
Inclure une prestation de saddle fitting dans son fonctionnement offre des garanties et bénéfices non négligeables pour une cavalerie :

  • en bonne santé : moins de blessures de harnachement, de dorsalgies, d’atrophies musculaires, c’est moins de frais vétérinaires ou ostéopathiques, mais aussi des chevaux qui travaillent plus longtemps.
  • qui se comporte bien : moins de problèmes de comportement à cause de selles inadaptées, moins de chutes, donc plus de sécurité pour les cavaliers et moins de risques professionnels.
  • qui performe mieux : des chevaux qui bougent et sautent mieux, sont plus agréables à monter. Ils permettent de meilleurs résultats aux examens et en concours… et donc de fidéliser ou acquérir de nouveaux clients !

Les chevaux de club tolèrent beaucoup de choses de la part des (plus ou moins) débutant•e•s. Leur rôle est primordial : faire aimer l’équitation. Ils nous ont permis de faire nos premiers galops, nos premiers sauts, nos premières épaules en dedans, et participent parfois à nous faire progresser en pâtisserie, aussi ! Ils ont bien droit au minimum syndical : le confort.

Les poneys ne sont pas en reste : ronds et résilients, ils sont souvent équipés de bardettes qui ne correspondent pas souvent à leur morphologie, et n’aident pas le•la jeune cavalier•e à acquérir une position correcte. Les solutions ne sont pas évidentes, et pourtant, les poneys eux aussi ont le droit d’être à l’aise.

De nos jours, le bien-être du cheval a une place prépondérante dans la vie et les choix des cavalier•e•s. Parallèlement, les réseaux sociaux permettent un partage rapide de l’information… Pour le meilleur et pour le pire. Le bouche à oreille, aidé par quelques stories, n’a jamais été aussi puissant.

Plus que jamais, donc, la réputation du club tient également à sa sellerie :

  • les selles sont choisies et adaptées pour chaque cheval, équilibrant correctement les cavalier•e•s ? Ils•elles se sentent bien à cheval, restent fidèles à leur club, et encouragent leur entourage à le rejoindre.
  • les selles conseillées par un•e ergonome sont recommandées également pour leur facilité d’utilisation par un grand nombre de personnes. Parce qu’elles sont agréables, l’équitation est facilitée, les progrès aussi. Les cavalier•e•s ont une bonne position, ils progressent plus vite… Ils•elles sont ravi•e•s de leur centre équestre !
  • les selles sont révisées régulièrement, un conseil d’entretien et d’utilisation personnalisé est donné pour chacune. La durabilité du matériel est prolongée, par conséquent le renouvellement est espacé. Les investissements sont donc limités.
  • les selles peuvent être réparées ou écartées avant qu’elles soient trop usées ; idem pour le reste du matériel. Tout ce qui casse met en péril la sécurité des clients, ce qui peut être très dommageable pour le club.

Avoir une entreprise qui fonctionne, c’est investir dans les bons outils. Investir dans une voiture fiable pour un commercial, un four de qualité pour un boulanger ou du matériel adapté pour sa cavalerie revient à la même chose : c’est un investissement qui doit être considéré comme tel, et amorti d’un point de vue comptable.

Si vous avez un centre équestre, vous allez de toute façon devoir utiliser des selles. En achetant des selles bas de gamme, ou en utilisant celles que vous avez en stock de façon aléatoire, vous prenez le risque que votre cavalerie soit moins performante.

Un cheval de club mal équipé sera moins pratique, moins gentil, moins confortable, se blessera plus facilement, risquera d’être arrêté plus souvent, et sa longévité s’en ressentira. Lorsqu’on compare le prix de la visite d’un•e ergonome et/ou de l’achat d’une selle à celui de frais vétérinaires, de la retraite anticipée d’un cheval ou encore de l’achat prématuré d’un nouveau poney, on comprend vite l’intérêt d’un matériel adapté.

Soyons terre à terre : en termes de performances d’entreprise, il est bien plus cohérent et rentable d’investir dans un matériel adapté à sa cavalerie.

Votre activité va débuter, vous partez de zéro au niveau du matériel ? C’est une situation plutôt rare, mais qui a le mérite de vous mettre dans une position parfaite pour que votre cavalerie soit bien équipée dès le départ.

Le•la saddle fitter sera en mesure de vous aider à choisir des modèles adaptés à la fois à vos chevaux ou poneys et à votre budget. Pas de matériel défectueux ou inadapté, et donc un renouvellement qui devrait, avec un entretien adapté, ne pas avoir lieu avant plusieurs années.

La plupart des centres hippiques ont une sellerie déjà bien fournie en selles diverses et variées. C’est votre cas, et vous souhaitez faire appel à un•e ergonome professionnel•le pour être sûr•e du confort de votre cavalerie ? Voici la marche à suivre :

  1. Le•la gérant•e ou l’enseignant•e détaille tous les poneys et chevaux qu’il•elle souhaite montrer, leurs conditions de vie et de travail, les spécificités de chacun. La philosophie équine, équestre et pédagogique est essentielle à la bonne compréhension des évolutions que l’on va rencontrer dans un travail à long terme. Si les données ne sont pas connues et donc maîtrisées, on s’expose à un tas de problèmes à venir.
    Lorsque c’est la première intervention, il est préférable de faire le tour de toute la cavalerie afin d’avoir une vision globale.
  2. L’intégralité du matériel existant est détaillée : chaque selle est testée pour voir si elle est encore utilisable ou pas, toutes les modifications ou réparations urgentes à effectuer sont consignées par écrit. Là encore, il est crucial avoir une vision globale des choses, pour savoir exactement de quelles solutions matérielles on dispose.
  3. c’est seulement après ces deux étapes qu’on peut se rendre à l’écurie. Chaque cheval bénéficie d’une analyse morphologique et posturale, d’une palpation, d’une prise de mesures, puis de l’analyse de l’adaptation de la selle attribuée. À chaque cheval sa fiche et ses commentaires : lorsque la selle va, on ne touche à rien. Lorsque la selle ne va pas mais qu’une autre, parmi celles vues plus tôt dans la sellerie, pourrait aller, on essaie. Si en définitive rien ne va, le•la saddle fitter recherche le meilleur rapport qualité / adaptation / technicité recherchée / budget disponible en fonction de chaque cheval

À la fin de la journée, on sait :

  • quel cheval est OK
  • quels chevaux doivent échanger de selles
  • quelles sont les petites adaptations à effectuer
  • qui a besoin d’une nouvelle selle
  • et éventuellement, quelles selles on peut vendre pour faire un peu de trésorerie

Par la suite, il faut que tout se mette en place : certains chevaux iront très bien tout de suite, d’autres auront besoin de suivi pour retrouver un dos (et le goût du travail, parfois). Les jeunes chevaux vont avoir besoin de contrôles réguliers (en général, deux fois par an, avant la grosse saison et en fin de saison), les chevaux mûrs une fois par an à peine. Le compte-rendu cible les cas problématiques et indique la marche à suivre. Il faut souvent tout autant former les moniteurs•ices qu’équiper les équidés.

L’idée, au final, c’est de proposer un plan d’optimisation de la sellerie par des investissements maîtrisés et hiérarchisés. Inutile désormais de passer de gros appels d’offre pour remplacer à 100 % la sellerie. Le but est de travailler, sinon en sur mesure, du moins en « adapté raisonné ».

Si vous êtes enseignant•e ou gérant•e de centre équestre, vous avez deux possibilités pour vous pencher sur l’adaptation du matériel de votre cavalerie. Vous pouvez, comme je l’ai évoqué, faire appel à un•e ergonome équestre. S’il était compliqué de rencontrer un•e saddle fitter en France il y a 20 ans, il est beaucoup plus facile aujourd’hui d’accéder à de bon•ne•s professionnel•le•s, bien formé•e•s et expert•e•es de leur domaine.

La deuxième solution est de vous former vous-même. Sans aller jusqu’à changer de métier (même si c’est possible aussi), vous avez accès à de nombreuses ressources qui vous permettront de gagner en autonomie dans la gestion de votre matériel.

  • Si vous souhaitez acquérir des bases, vous familiariser avec les notions de saddle fitting, bit fitting, et les enjeux d’un matériel bien adapté, le programme « Les fondamentaux du saddle fitting » est parfaitement adapté à vos besoins. Il vous permet d’avoir une vision globale, de comprendre et d’apprendre en toute autonomie.
  • Si vous voulez aller plus loin avec une formation complète qui vous permettra de gérer en autonomie le matériel de votre cavalerie, c’est Compétences pro qu’il vous faut : destinée aux professionnel•le•s de la filière équestre, la formation dure 6 mois et mêle enseignement à distance et en présentiel. Un programme 100 % adapté à vos problématiques !

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Vous l’aurez compris, équiper correctement une cavalerie de club est non seulement un moyen de respecter son intégrité, mais également un acte de prévention qui peut s’avérer rentable. Au même titre qu’une visite ostéo, celle d’un ergonome évitera bien des problèmes.

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