On le rappelle : si votre selle est adaptée et que votre cheval a un dos correct, un tapis fin et bien coupé suffira amplement. Mais dans certains cas, l’utilisation d’un amortisseur peut s’avérer confortable ou utile. Alors comment choisir un amortisseur qui conviendra à votre cheval, tout en ne réduisant pas à néant l’adaptation de votre selle ?

Un amortisseur n’est pas forcément un correcteur, et vice-versa. Il existe cependant des modèles qui combinent ces deux fonctions. Voici comment les différencier.

Comme son nom l’indique, la vocation première de l’amortisseur est… d’amortir (à-coups, « tape-cul », fautes d’assiette). Cependant, cette fonction étant déjà assurée par les matelassures de la selle, l’ajout d’une épaisseur est souvent superflu.

Quoiqu’il en soit, c’est donc bien l’adaptation de la selle qui permettra le confort et la fonctionnalité du couple. L’amortisseur reste un aménagement, et ne se substitue pas à une selle adaptée.

Par sa matière et sa fonction, il va donc amortir les chocs qui impactent :

  • Le dos du cheval (parce qu’il est sensible, que son cavalier manque de fixité ou encore parce qu’il est soumis à des pressions au-delà de la normale, lorsqu’il saute de gros obstacles par exemple)
  • Le dos du cavalier (parce que son niveau ou une gêne physique ne lui permettent pas un liant parfait, ou que son cheval a une locomotion particulièrement déroutante)

L’amortisseur va également pouvoir gommer les éventuels petits points de pression générés par la selle et qui pourraient gêner le cheval. On ne parle pas ici de corriger une selle inadaptée, mais de permettre de faire face à un changement morphologique ponctuel par exemple.

Le correcteur n’a aucune fonction d’amortissement. Il peut s’agir :

  • D’un correcteur préformé
  • D’un pad de la forme d’un amortisseur et de l’épaisseur d’un tapis, pourvu de poches (généralement quatre) qu’il est possible de remplir avec des cales plates, en mousse plus ou moins dense ou en feutre.
Amortisseur Mattes pour parfaire l'adaptation de la selle.
Correcteur Mattes

Les correcteurs ont une vocation d’équilibrage, pour pallier par exemple une selle un peu grande à l’avant, ou une dissymétrie importante du cheval. Ils sont aussi utiles pour combler provisoirement les inadaptations d’une selle sur un cheval en changement (convalescence, croissance, reprise après un arrêt…).

Les correcteurs à corrections fixes sont, par principe, à écarter. Disons que votre selle a besoin d’une correction de 8mm, mais que votre correcteur en fait 12 : ben, c’est ballot, mais c’est pas bon. Et c’est pas parce que vous aurez corrigé que ça sera mieux, non : vous aurez transféré le problème ailleurs. De la même façon, les demi-pads (soit les réhausseurs arrière, soit les pads de garrot) sont à éviter.

À noter : un correcteur d’équilibre, ça se règle une première fois en statique, et surtout une 2e fois en dynamique, avec le•la cavalier•e à cheval ! Or, si c’est vous-même le•la cavalier•e, vous ne pourrez pas être au four et au moulin : vous aurez besoin de l’aide de quelqu’un à pied pour faire les bons réglages (sinon promis : vous allez galérer). Au pire, filmez-vous : mais vous devez savoir ce que vous recherchez pour être pertinent•e dans votre correction (et préparez-vous à monter et descendre un paquet de fois. Pompon ne va plus rien comprendre, mais c’est un bon entraînement pour le TREC et pour la souplesse de vos hanches) …

Rappelons qu’une selle un peu juste, voire trop serrée, ne permet pas l’utilisation d’un amortisseur, la surface portante étant déjà réduite au minimum. L’épaisseur doit donc être adaptée à la selle – quand il est possible d’en ajouter une.

En ce qui concerne la forme, les consignes sont les mêmes pour l’amortisseur que pour le tapis : il faut impérativement qu’il respecte le dos du cheval avec une coupe anatomique qui permet de dégager la colonne vertébrale. Exit donc tout ce qui ne dégage pas les apophyses, et reporte ainsi du poids sur les vertèbres malgré la gouttière de la selle. Le dos du cheval ne forme pas une ligne droite parallèle au sol : c’est une courbe, à laquelle la forme de l’amortisseur doit s’adapter.

La coupe ne doit pas induire de pli, de pression ou de frottement sous la selle. Ils risqueraient de provoquer des blessures ou des douleurs, et encore une fois, d’avoir un effet inverse à ce qu’on en attend. Idem pour les modèles comportant des coutures épaisses, ou encore ceux à « boules massantes » qui constituent surtout un risque de pression supplémentaire.

Amortisseur à billes dites massantes, à éviter

Si vous êtes cavalier•e d’endurance et que vous avez atteint un niveau dans lequel on vous demande de respecter un poids minimum de 70 kg portés par votre cheval, vous utilisez peut-être un amortisseur lesté. Il s’agit d’un amortisseur le plus souvent en gel, dans lequel on insère des plaques de plomb. Malheureusement, ces amortisseurs plombés sont complètement inadaptés à la morphologie du cheval : ils ne sont pas ergonomiques, leur poids les maintient systématiquement collés à la colonne vertébrale, et les plaques de plomb entre le dos et la selle n’ont rien de confortable. Si vous devez avoir recours au lestage, préférez d’autres méthodes plus ergonomiques : votre cheval vous remerciera !

D’une manière générale, on préfèrera un matériau le plus naturel possible afin d’éviter les échauffements et les frictions. Les matières de type plastique ou néoprène sont en effet très peu respirantes, risquant de causer des blessures.

On peut distinguer trois grandes catégories parmi les matériaux amortissants :

  • Ceux qui amortissent en retenant les chocs
  • Ceux qui dispersent et évacuent les chocs par ondes
  • Ceux qui inhibent le choc en se rigidifiant

Même s’ils ont une fonction similaire, ils ne sont pas tous adaptés à la conception d’un amortisseur destiné à l’équitation.

Il existe un nombre incalculable de modèles d’amortisseurs en mousse sur le marché, il est donc difficile de généraliser. Néanmoins, dans tous les cas, il faut impérativement que la coupe soit anatomique, et la mousse suffisamment dense pour avoir un intérêt quelconque tout en n’étant pas trop épaisse pour ne pas fausser l’équilibre général de la selle en rajoutant de nouveaux points de pression.

Il s’agit bien souvent d’un matériau très peu respirant. Donc attention au choix du tapis que vous mettez entre le dos et l’amortisseur (et si possible, ne mettez pas de truc en mousse, gel ou néoprène directement à même la peau).

La technologie « à mémoire de forme » est utilisée dans de nombreux domaines de la vie courante. Cependant, elle n’a d’intérêt que si le matériau utilisé est très épais : ce qui est possible pour un matelas ne l’est pas pour un amortisseur, dont l’épaisseur est forcément limitée. Elle est donc souvent utilisée de façon hybride, avec un matériau à mémoire de forme couplé avec un autre type de mousse.

Dans l’ensemble, le principe de la mémoire de forme est plutôt d’absorber les pressions que d’amortir réellement les chocs.

Le gel a beaucoup d’inconvénients pour peu de qualités. En effet, voici ses caractéristiques :

  • Il est lourd et sa forme n’est quasiment jamais anatomique, ce qui l’empêche de rester bien rentré dans la gouttière. En s’affaissant systématiquement sur la colonne, il devient gênant voire source de blessure.
  • Il n’est pas respirant, et chauffe donc désagréablement le dos du cheval.
  • Il ne possède pas de véritable propriété amortissante. En effet, pour être amortissante, une matière doit pouvoir se déformer. Le gel, lui, ne se déforme pas mais déplace les pressions à côté de la pression d’origine.

En bref, l’amortisseur en gel n’est pas un choix recommandé !

Le mouton est probablement la matière la plus intéressante de toutes : un amortisseur en mouton naturel est hypoallergénique et très respirant (ce n’est pas le cas du mouton synthétique). Néanmoins, il est important de le choisir avec une découpe anatomique mais aussi et surtout pourvu d’une gouttière, un canal ouvert qui dégage la colonne vertébrale du cheval.
Attention également à l’épaisseur de l’amortisseur en mouton, qui peut faire plus de mal que de bien sous une selle un peu serrée. D’autre part, certain•e•s cavalier•e•s déplorent la sensation d’éloignement conférée par cette épaisseur.

Enfin, ces amortisseurs ont souvent une surépaisseur de mouton décorative, qui facilite le placement, au niveau du pommeau et du troussequin. Il faut bien faire attention à ce que la selle ne soit pas en appui sur ces éléments, sans quoi un point de pression important risque de se créer.

Choisir un amortisseur est important, mais bien le positionner aussi

Si vous avez besoin d’un amortisseur, vous pouvez aussi utiliser un tapis à amortisseur intégré ; il s’en développe de plus en plus et de très bonne facture. Ces tapis sont chers, mais valent le coup, en offrant une surface portante agrandie et intégrée au tapis, donc moins de risque de surépaisseur ou de désolidarisation entre les différentes couches.

En résumé, vous avez :

  • Les tapis qui absorbent les frictions cutanées et la sueur
  • Les amortisseurs qui amortissent les chocs
  • Les correcteurs d’équilibre qui corrigent l’équilibre
  • Les amortisseurs correcteurs qui amortissent ET corrigent
  • Les tapis amortisseurs qui absorbent ET amortissent
  • Les tapis correcteurs qui absorbent ET corrigent
  • Et des solutions qui parfois, combinent les trois fonctions

Charge à vous de bien déterminer ce dont vous avez besoin, et de trouver la marque, le design et les matériaux qui correspondront le mieux à votre usage. Ça n’est pas chose facile, j’en conviens, étant donné l’offre plus que pléthorique existant sur le marché !

Enfin, quel que soit votre choix, il est important de bien suivre les conseils du fabricant en ce qui concerne l’entretien de votre amortisseur. En l’absence de recommandations, privilégiez le savon de Marseille ou un produit hypoallergénique afin d’éviter une réaction de la peau de votre cheval. Bien entretenir son amortisseur, c’est préserver ses qualités amortissantes et allonger sa durée de vie.

Et si vous hésitez toujours pour choisir un amortisseur, que vous avez besoin de l’essayer avant de l’acheter, ou bien de régler votre système d’équilibrage, vous pouvez prendre contact avec un•e saddle fitter de votre région afin d’être épaulé•e.

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