Sans sangle, pas de selle. Si les cavalier•e•s sont de plus en plus nombreux•ses à se pencher sérieusement sur l’adaptation de la selle qu’ils•elles vont utiliser, peu s’attardent sur la meilleure façon de choisir une sangle. Pourtant, elle a toute son importance et peut anéantir tous les efforts de fitting de la selle !

Sur ces planches anatomiques proposées par Rod Nikkel Saddle Trees, on aperçoit les muscles du cheval impactée par la sangle. En effet, cette dernière comprime la partie caudale du sternum et les côtes (n°7 à 10 environ), et également les muscles pectoraux ascendants (h) et dentelés (i). Elle aura, par son positionnement, un impact sur :

  • La respiration et donc directement sur le rythme cardiaque. ATTENTION cela dit, on n’impacte pas la respiration parce qu’on serre trop la sangle (je vous vois, avec vos sangles trop lâches et votre culpabilité) ; on impacte la respiration si on a une sangle qui exerce une pression trop forte sur l’appendice xyphoïde (+ 30 points au Scrabble), sur lequel est inséré le diaphragme !
  • La locomotion, puisque les pectoraux ascendants sont les muscles responsables de la protraction des antérieurs (c’est-à-dire le mouvement de recul). Ainsi, une sangle qui répartit mal les pressions sur les pectoraux restreint l’amplitude des antérieurs, par conséquent c’est toute la biomécanique du cheval qui se trouve affectée. 

On entend assez fréquemment des histoires de chevaux qui deviennent grincheux, rétifs, et même dangereux au sanglage. D’autres qui vacillent, voire se couchent de tout leur long dès la sangle ajustée.

Ces chevaux ne doivent pas être considérés d’emblée comme ayant mauvais caractère : ils ont probablement tout simplement mal. Sternum en dysfonction, ulcères à l’estomac, conflits de processus épineux, ou encore côtes cassées ou fêlées sont des pathologies souvent mises en évidence au sanglage (au passage, un cheval qui se couche au sanglage de façon répétée, c’est l’équivalent d’un malaise vagal).

Au demeurant, il est possible que la cause ne soit pas la sangle en elle-même (mais un jeu de pré un peu fougueux, une selle mal adaptée, ou autre), mais cette dernière peut être révélatrice d’un problème physique. Il est donc primordial de prêter attention aux éventuels signaux négatifs envoyés par votre cheval lors du sanglage.

N’hésitez pas à contacter votre vétérinaire en cas de doute, il•elle préconisera peut-être des examens (endoscopie, échographie ou radiographies) qui vous permettront d’identifier le problème, et d’y remédier.

Avant toute chose, vous devez vous intéresser au passage de sangle de votre cheval (statique et en mouvement). Sur certains, il est idéalement placé : ni trop en avant, ni en arrière, bien large. Si c’est votre cas, un sanglage classique conviendra probablement.

Les choses se compliquent si, comme beaucoup de chevaux, le vôtre présente un passage de sangle étroit et avancé. Dans votre cas, souvent, les contre-sanglons seront trop en arrière.

Un passage de sangle avancé, qui n’est pas aligné avec les contre-sanglons
Crédit photo : K. Hazelton
La sangle vient se caler dans le passage de sangle,
entraînant la selle vers l’avant

Lorsqu’il est en mouvement, le cheval va envoyer la selle vers l’avant, la sangle venant se caler juste derrière les coudes à cause du thorax rond. La conséquence ? La selle, en avançant, bloque les épaules et entrave le bon fonctionnement de l’avant-main. Il y a parfois même, à cause du déséquilibre engendré, un transfert de poids du cavalier trop important au niveau du troussequin, ce qui bloque complètement le dos du cheval. 

Dans le cas d’un passage de sangle comme celui-là, c’est du côté des contre-sanglons qu’on trouvera la solution. Il est donc primordial que l’orientation des contre-sanglons et leur conception (sanglage en pointe d’arçon, positionnement en V, contre-sanglon arrière mobiles, réglables, 4 à 5 contre-sanglons pour multiplier les possibilités) soient adaptées à votre cheval, et plus spécifiquement à son passage de sangle.

La façon dont vous utiliserez les contre-sanglons définit la façon dont la selle sera « arrimée » au cheval. Le choix que vous allez faire n’est donc pas sans conséquences, il doit être réfléchi et correspondre à l’anatomie et à l’utilisation que vous faites de votre cheval. Un sanglage en V, par exemple, peut être une bonne solution pour les cages thoraciques très rondes, mais risquerait de bloquer un cheval qui doit s’incurver si le V est trop large.

En résumé, avant même de choisir une sangle, assurez-vous que la conception et l’adaptation de la selle, des matelassures, des contre-sanglons sont idéales. Si ce n’est pas le cas, alors changer de sangle ne résoudra pas votre problème !

Le premier choix, en matière de sangle, dépend naturellement de votre selle : elle peut être courte ou longue en fonction des contre-sanglons. De façon assez schématique, une selle monoquartier a un sanglage bas, les selles de dressage à deux quartiers également. Les selles mixtes et obstacles, elles, ont un sanglage haut. Mais des fantaisies sont toujours possibles : on trouve parfois trois sanglons longs nécessitant une sangle spéciale, ou une sursangle qui lie les deux quartiers ensemble pour un effet monoquartier.

Dans le cas d’un sanglage court, il y a deux choses à vérifier impérativement :
1. Les boucles ne doivent pas être en contact avec la peau. Deux possibilités à partir de là :

soit les sanglons sont doublés côté cheval
soit ils sont complètement recouverts par une fermeture portefeuille (qui permet d’éviter que les sanglons entrent en contact avec la chaussure du cavalier)

2. La sangle doit être suffisamment longue pour que les boucles ne soient pas trop basses. Elles doivent arriver une dizaine de centimètres en dessous du quartier. Cela permet :

  • d’éviter le contact intempestif de la pointe du coude (olécrane) avec des boucles métalliques
  • de dégager de toute pression constante le muscle pectoral. La boucle est toujours une zone de surpression : si cette pression est localisée sur un muscle aussi important dans la locomotion que le pectoral, elle s’en retrouve immédiatement affectée. Malheureusement, parfois, les boucles se retrouvent en contact avec l’étrier et gênent l’action à la sangle de la jambe du cavalier… la solution reste à travailler.

Dans le cas d’un sanglage long, les boucles étant cachées sous le quartier, il suffit de se contenter d’une taille appropriée. Ce qui semble couler de source en l’écrivant, mais ceux qui savent, savent. Genre vous achetez une nouvelle selle et oh surprise ! Les contre-sanglons sont 10 cm plus hauts que ceux de votre ancienne selle !

Il existe différents matériaux utilisés pour la fabrication des sangles. Tous ne se valent pas, et leur choix dépend du cheval comme de son•sa cavalier•e.

  • Le coton est de plus en plus rare. Pas plus mal : ça se gorge de sueur et ça évacue mal l’humidité, un vrai nid à microbes.
  • Le néoprène se décline en plusieurs variantes, qui ne sont pas toutes de qualité égale. Il a, dans tous les cas, l’avantage d’être facile à laver et à sécher. Le néoprène très souple type combi de plongée est intéressant, le rapport qualité/prix est excellent. Le néoprène « plastique », plus rigide, peut convenir mais il tend à chauffer plus facilement et ne vieillit pas toujours bien. Certains chevaux n’apprécient pas son contact.
  • Le cuir n’a d’intérêt que s’il est d’extrêmement bonne qualité et très souple (donc, cher !). Il nécessite un entretien minutieux ; peu de personnes le nettoient autant qu’il le faudrait, ce qui peut créer rapidement des problèmes cutanés. De plus, les sangles en cuir sont souvent trop étroites (elles concentrent alors les pressions au même endroit, et cisaillent le muscle pectoral) et trop rigides. Souvent, le rapport qualité/prix n’est donc pas vraiment intéressant, au final.
  • Le mouton, utilisé pour la doublure de certaines sangles, est idéal pour les peaux fines et absorbe bien la sueur. En revanche, il demande énormément d’entretien et représente un investissement non négligeable. Je ne le recommande que rarement, n’ayant que peu confiance dans les capacités d’entretien de la plupart des cavaliers – mais c’est probablement un biais basé sur mon exemple personnel.
  • Les sangles élastiques (entièrement ou en grande partie) exercent une compression autour de la cage thoracique, mais peuvent être intéressantes pour certains chevaux qui semblent l’apprécier.
  • La corde est souvent la grande oubliée, alors qu’elle a de nombreuses qualités. Constituées d’une quinzaine de brins, les sangles en corde sont larges, mobiles transversalement, et permettent donc un ajustement précis en s’adaptant d’elles-mêmes aux contours de la cage thoracique du cheval. Elles sont lavables en machine, respirantes, et ne blessent pas si (et seulement si) la conformation du cheval permet leur usage, car elles sont très larges.

Il existe autant de formes de sangles que de marques. Comment s’y retrouver ?

  • La sangle droite est une valeur sûre. Si la selle et les contre-sanglons sont bien adaptés, elle convient dans la grande majorité des cas. Il faut la choisir souple, pour qu’elle épouse bien la forme de la cage thoracique du cheval. Les sangles en corde entrent dans cette catégorie, et sont une solution parfaite pour une majorité de chevaux.
  • La sangle bavette a pour vocation de protéger le cheval des éventuels coups de crampons qui pourraient le blesser lors d’une séance de saut. Elle n’a donc d’utilité que si vous sautez avec un cheval cramponné, ce qui est finalement plutôt rare.
  • La sangle anatomique est à la mode, avec sa découpe dite ergonomique. Cependant, si elle peut convenir à certains chevaux, elle ne concerne qu’une minorité. En effet, elle n’a d’intérêt que si elle a été conçue sur un cheval qui a la même anatomie que le vôtre. Difficile à deviner… De plus, les parties les plus étroites ont tendance à concentrer les pressions. Son utilisation doit donc être limitée à des cas précis pour lesquels elle a un intérêt avéré. Idem pour les sangles conçues en plusieurs parties, ou avec des pads ou plaques en gel par exemple.
  • Les sangles asymétriques, demi-lunes etc. ont été conçues pour compenser un passage de sangle compliqué, ou des contre-sanglons pas tout à fait bien positionnés. Comme expliqué plus haut, une sangle ne pourra pas contrebalancer les effets d’une selle mal conçue ou mal adaptée. L’effet de telles sangles est donc limité. Et trouver la bonne forme pour le bon cheval peut s’avérer être un vrai casse-tête. Tout est une question de rayon de courbure, de rigidité-mais-pas-trop, bref : vraiment pas simple (et je n’ai pas trouvé MA solution, perso).

Dans l’ensemble, la simplicité est généralement recommandée. Plus la sangle est originale, plus le cas auquel elle s’adresse est particulier. Quoiqu’il en soit, si une sangle simple ne vous permet pas d’utiliser correctement votre selle, pensez à (faire) vérifier que la forme d’arçon, le fitting et les contre-sanglons sont bien adaptés avant de tester d’autres sangles.

La sangle est donc un élément primordial dans l’utilisation d’une selle. En la choisissant avec discernement, vous évitez plusieurs problématiques allant de l’inconfort à la blessure, en passant par la selle qui avance. Une réaction négative au sanglage est un indicateur que quelque chose ne va pas, au passage de sangle (comme une contracture musculaire) ou ailleurs, et doit vous interpeler.

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